La Bouffe du Carrefour

Comment fonctionnent les groupes de cuisine collective?

Vous voulez transformer une corvée en plaisir? Cuisinez en groupe. C’est agréable, convivial et surtout économique.


D’abord pour économiser
Des participant-es de tous les horizons forment des groupes de cuisine collective : des jeunes mamans, des personnes diabétiques, végétariennes, âgées… ou simplement des gens pressés qui refusent d’être condamnés au fast-food et aux plats cuisinés des supermarchés. Toutes ces personnes ont un point commun : elles souhaitent régler la question des repas – au moins quelques-uns par mois – en une journée ou une soirée et ceci, à peu de frais.

Car cuisiner en groupe revient meilleur marché. Cela dit, l’argument économique, très attirant lorsque les cuisines ont fait leur apparition en pleine récession, en 1982, n’est plus l’unique motivation. Pour plusieurs, c’est davantage une occasion de socialiser, d’échanger des recettes et de partager des connaissances.


Comment ça fonctionne?
On ne se lance pas dans l’aventure sur un coup de tête. Pour bien fonctionner, un groupe de cuisine collective doit faire une sérieuse planification et s’assurer que certains ingrédients tels que la souplesse et l’art du compromis sont au rendez-vous.

On recommande que les membres d’un même groupe aient des besoins, un budget et des goûts similaires et qu’ils aient le désir commun de cuisiner des repas santé pour économiser temps et argent.

Les séances de cuisine collective se tiennent deux fois par mois par chaque groupe. Lorsqu’on se joint à un groupe, on doit verser 1$ par année.

Voici les quatre étapes que vous suivrez avec le soutien de Dewi Wettlin qui est responsable de nos cuisines collectives :

La planification

Les participant-es se réunissent pour choisir les plats à cuisiner en consultant les cahiers publicitaires de la semaine et des recettes réalisables avec les produits vendus à rabais au supermarché.

On calcule ensuite les quantités. En général, les groupes moins expérimentés peuvent préparer de trois à quatre plats en une journée, tandis que les plus aguerris arrivent à en mitonner six. On compte, par exemple, de trois à quatre portions d’un même plat par participant-e, mais on peut aussi en ajouter pour ceux et celles qui ont des enfants. Dans ce cas, il faut établir ce que coûte chacune des ces portions additionnelles afin de diviser les frais équitablement. Habituellement, chez nous, chaque portion coûte 1$, sauf dans le cas où les goûts plus dispendieux des participant-es obligent à augmenter ce prix.

Les achats

Une fois les recettes et les quantités déterminées, on dresse la liste des denrées et on prépare un « fond de roulement », c’est-à-dire une provision d’ingrédients de base qui appartiendra au groupe qui s'en servira mois après mois : épices, sel, poivre, farine, sucre, etc. Chacun-e verse un montant dans une cagnotte pour payer le tout. Enfin, on divise la liste d’épicerie : qui achète quoi et où? Quand certaines personnes savent où aller pour payer moins cher les grandes quantités (chez des producteurs agricoles ou dans certains marchés, par exemple), profitons-en!

La journée de cuisine

Le groupe se retrouve quelques jours plus tard pour cuisiner : chaque membre arrive au rendez-vous avec les ingrédients de sa liste d'épicerie et avec des contenants pour rapporter ses portions. On répartit les tâches et on s’assure que tout le monde met la main à la pâte et que ce ne sont pas toujours les mêmes qui héritent des oignons ou de la vaisselle. C’est là qu’on devra faire preuve de diplomatie, car chacun-e a ses habitudes de cuisine et coupe les carottes à sa manière.

Une fois les plats préparés, les portions divisées, la vaisselle lavée et rangée, on fixe la date de la prochaine rencontre et on fait les comptes : on réunit les reçus d’achat, on divise le total par le nombre de personnes pour savoir qui doit de l’argent et qui doit, au contraire, être remboursé.

L’évaluation

Elle est essentielle pour la viabilité du groupe, car elle permet de régler sans tarder les pépins et les problèmes d’organisation qui risquent de devenir de grandes frustrations. On peut faire cette évaluation, par exemple, lors de la rencontre de préparation à la séance de cuisine suivante. A-t-on aimé les recettes? Le fonctionnement et la répartition des tâches? C’est le moment de réajuster le tir.


L’ingrédient secret
Outre de bonnes recettes et des ingrédients frais, c’est le plaisir qui doit être au rendez-vous pour que la journée de cuisine en groupe soit un succès. Plaisir d’échanger, de retrouver des ami-es et de partager un repas en bonne compagnie, car les séances de cuisine se terminent autour d’une bonne table. Bon appétit!


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Crédits

  • Nicole Nepton et Jacques Sabourin de Cybersolidaires